Les Poèmes Oulipiens

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Les Poèmes oulipiens sont nés récemment, après bien des années de recul et de travail réfléchi sur l’écriture poétique, que j’ai l’impression d’avoir pratiqué depuis l’enfance.

Ce recueil de poèmes, une soixantaine au total, a été réalisé ces deux dernières années, avec un objectif double : le premier était de mettre en pratique des techniques d’écriture que j’ai répertoriées depuis longtemps, au cours de mes recherches en atelier d’écriture, de mes lectures, et durant toutes ces années durant lesquelles je poursuivis mes études littéraires. Le second était de produire suffisamment de textes poétiques qui serviraient d’exemple dans les fiches du volume II de Ma pratique d’écritures et d’auto-éditions, cinquante nouvelles fiches à réaliser dans l’aide à la création poétique.

Ainsi les Poèmes oulipiens est le dixième recueil de la collection Poésie ou Poésies & Graphisme que je publie : il vient achever, comme je l’ai annoncé au début de cette préface, le cycle de ma collection d’Atelier d’écriture par le volume II qui suivra la publication de cet ouvrage.

Je suis fier d’avoir redonner naissance à ma Poésie, après toutes ces années d’abandon de l’écriture, à la Poésie ! Et quand je relis les textes, je reste persuadé que derrière les jeux systématiques, voire systémiques des mots, sortent les maux et les idées qui traduisent l’âme du poète. Pour le restant de ses jours !

Je souhaite au lecteur de prendre autant de plaisir à lire ces textes, que j’ai éprouvé à retourner vers ce genre d’écriture et je l’engage de tout mon cœur à prendre lui-même la plume, pour connaître à son tour ces étranges sensations que procurent la création, toutes les formes de création !

Pari gagné si j’apprends un jour qu’un recueil a été écrit à partir des béquilles que j’ai pu donner dans ce livre.

Description

Les poèmes oulipiens.

Introduction

Les Poèmes oulipiens sont nés récemment, après bien des années de recul et de travail réfléchi sur l’écriture poétique, que j’ai l’impression d’avoir pratiqué depuis l’enfance.

Ce recueil de poèmes, une soixantaine au total, a été réalisé ces deux dernières années, avec un objectif double : le premier était de mettre en pratique des techniques d’écriture que j’ai répertoriées depuis longtemps, au cours de mes recherches en atelier d’écriture, de mes lectures, et durant toutes ces années durant lesquelles je poursuivis mes études littéraires. Le second était de produire suffisamment de textes poétiques qui serviraient d’exemple dans les fiches du volume II de Ma pratique d’écritures et d’auto-éditions, cinquante nouvelles fiches à réaliser dans l’aide à la création poétique.

Aboutissement en quelque sorte de mes préoccupations de « poète illuminé » : ça ne date pas d’hier ! J’avais en effet pratiqué la poésie depuis presque l’enfance, un peu à l’école primaire, un peu plus à l’entrée du collège, grâce à mon professeur de français, une dame qui me suivit de la sixième à la troisième, qui sut me donner confiance, j’étais si timide, d’une timidité maladive ; elle me guida dans mon écriture personnelle, me montra le chemin des alexandrins et des sonnets, et des organisations rimiques et rythmiques de la poésie classique versifiée. Je lui dois tout, l’envie de continuer à faire des poèmes, à oser les montrer dans mon proche entourage. Je portai sur mon cœur durant mes années d’adolescence ces feuilles dactylographiés pliées en quatre dans mon porte- feuille : passeport pour le voyage, la libération, l’espoir… et contre mon enfermement, mon introversion, mon inconfort d’adolescent face aux filles… une manière pour moi de prouver que j’existais. J’ai déjà raconté longuement cette expérience du « poète » au quotidien dans mon roman Les poèmes en tête. J’y avais dévoilé toute la richesse psychologique, les attentes, les bienfaits de cette écriture quasi quotidienne, sorte de thérapie d’un jeune homme mal dans sa peau, et qui, un jour enfin, devint adulte…

Entre temps, après l’école primaire et les premiers poèmes d’enfance, l’apprentissage des récitations apprises par cœur, je crois être capable, encore maintenant, d’en réciter une cinquantaine parmi les plus célèbres, Le dormeur du val d’Arthur Rimbaud, Heureux qui comme Ulysse de Du Bellay, (que j’ai la surprise d’entendre actuellement sur toutes les radios, mise en musique par un chanteur nouvelle génération), et une production des poèmes de la période lycée, il y eut avant les études à la fac de lettres la découverte de quelques mouvements littéraires. Parmi eux, le dadaïsme de Tristan Tzara, et son célèbre Pour faire un poème dadaïste, « …Prenez un article de journal, découpez dedans des mots , assemblez-les, le poème vous ressemblera…. ».
Et puis le surréalisme d’André Breton, avec ses textes fondateurs, le Manifeste du surréalisme, qui fut l’un des premiers livres de théorie littéraire, et d’écriture que j’eus dans ma bibliothèque. Je m’adonnai ainsi un certain soir de solitude à la pratique de l’écriture automatique. Et cela déclencha chez moi un besoin d’écrire au quotidien de la poésie durant plusieurs années…
J’avais également découvert, dès le lycée, les textes fulgurants d’un certain Jacques Prévert. Et nous nous amusions, au cours de soirées mémorables entre amis, à créer de ces Cortèges… Dans la même veine, j’eus l’occasion aussi de découvrir Raymond Queneau, et ses amis de l’OULIPO, je ne sais plus quand un ami me procura pour la première fois l’Ouvroir de la Littérature Potentielle, cette œuvre de référence pour moi, dans laquelle je me suis plongée durant mes années de fac, et qui me fit m’intéresser à la recherche sur l’écriture poétique. Ce fut la base de pas mal d’écriture personnelle qui se concrétisa plus tard par mon premier recueil de poème publié à Paris, au Cherche Midi Editeur : Introspections.

D’autant plus que ma préoccupation d’écriture se confirma dans le choix de mon métier : je serai professeur de français, et par l’intermédiaire de mes loisirs : j’encadrerai en tant que moniteur des colonies de vacances. Durant ma formation au sein des CEMEA, (Centre d’Entraînement aux méthodes d’Education Active), j’eus encore l’occasion de m’investir dans l’animation d’ateliers d’écriture, en découvrant le document de référence de l’Association dans le domaine : Jeux de mots, enjeux des mots : En colo, je mis sur pied des soirées Prévert, en mettant en scène avec des adolescents ses poèmes en ombres corporelles, et en particulier le Déjeuner du matin. J’adorai ce genre de travail avec les enfants.
Durant la même période, je pris goût à créer une certaine forme de théâtre, avec des amis musiciens de la fanfare de mon village, nous avons ainsi animé les Sainte Cécile durant le repas à la salle de fêtes ! Ce goût pour le théâtre, côté créateur de spectacle et non pas en tant qu’acteur, je le poursuivis plus tard dans le cadre professionnel en participant, avec plusieurs collègues à l’animation d’un atelier théâtre au sein du collège où je travaillais. Au fil des années, je m’aperçus d’ailleurs que l’écriture théâtrale, les textes dramatiques avaient aussi des liens avec la création poétique, et je pus appliquer à la production de textes dramatiques ce que je mettais en pratique pour mon écriture poétique.

Au fil des années d’enseignant de français, j’eus la chance de pouvoir mettre en pratique aussi dans mes classes mes connaissances sur l’Art poétique, et arrivai souvent à provoquer chez les enfants et les adolescents un déblocage de leur écriture, et un autre regard sur la poésie. J’eus même l’occasion de pratiquer avec des malades suivis en hôpital psychiatrique, encadrés par des infirmiers, et je n’en suis pas peu fier !

Je continuai en grande partie à écrire de la poésie d’une manière intensive et régulière, durant mes cinq années d’étudiant à la faculté de lettres de Reims, et deux ou trois ans après, au début de ma carrière de jeune professeur. Puis je fus sans doute pris dans la tourmente du quotidien d’un professeur de français, des cours à préparer, des corrections à rendre pour la semaine suivante, ce qui fit que l’écriture au quotidien s’étiola, se détacha de mes priorités. J’eus seulement la force de rassembler les textes dans des recueils que je finis par publier moi-même : l’idée de la maison d’auto-éditions était née !

Puis il y eut une autre période féconde, celle de peindre plutôt que d’écrire : changement de vie, de support, autre manière de vouloir s’exprimer, d’apprendre, toujours le plus souvent en autodidacte, et de connaître et se faire connaître… Et l’idée de rassembler toutes ces activités par le biais d’éditions de livres : de la maturation à la maturité, quelques 26 ouvrages sont nés, dans le domaine du roman (deux livres), du théâtre (deux ouvrages) des livres d’art (neuf productions) et naturellement de la poésie (neuf recueils). Et c’est au cours de ces travaux que je mis en fiche pas mal de techniques d’écriture, de recherches personnelles, d’idées, le but étant qu’un beau jour cela pourrait servir. Ce fut le cas dès que le projet mûrit. Je décidai de me remettre à l’écriture, et en même temps d’appliquer à la lettre les techniques données, rien que pour voir ce que l’on peut en tirer… Après une dizaine de textes produits, ce fut, pour moi, concluant : je décidai de poursuivre l’expérimentation. J’eus alors l’idée de laisser les béquilles utilisées pour chaque texte produit, afin que le lecteur puisse se rendre compte de la manière dont le texte fut créé, et, pourquoi pas lui donner l’envie de faire de même, en se lançant aussi dans une écriture personnelle : le lecteur devenant poète à son tour.

Ainsi les Poèmes oulipiens est le dixième recueil de la collection Poésie ou Poésie – Graphisme que je publie : il vient achever, comme je l’ai annoncé au début de cette préface, le cycle de ma collection d’Atelier d’écriture par le volume II qui suivra la publication de cet ouvrage.

Je suis fier d’avoir redonner naissance à ma Poésie, après toutes ces années d’abandon de l’écriture, à la Poésie ! Et quand je relis les textes, je reste persuadé que derrière les jeux systématiques, voire systémiques des mots, sortent les maux et les idées qui traduisent l’âme du poète. Pour le restant de ses jours !

Je souhaite au lecteur de prendre autant de plaisir à lire ces textes, que j’ai éprouvé à retourner vers ce genre d’écriture et je l’engage de tout mon cœur à prendre lui-même la plume, pour connaître à son tour ces étranges sensations que procurent la création, toutes les formes de création !

Pari gagné si j’appends un jour qu’un recueil a été écrit à partir des béquilles que j’ai pu donner dans ce livre.

-1- Utiliser le suspense

Marie ne connaît pas

Depuis qu’elle est petite,
Marie ne connaît pas…
Et son cœur qui palpite !…
Petit rat d’Opéra !…

Marie ne connaît pas
Le bonheur qui s’invite :
Quand, serrée dans des bras,
Elle a peur, elle évite !…

Et son cœur qui palpite !
Marie a du tracas :
Elle attend des pépites
D’amour ? En aucun cas !…

Petit rat d’Opéra,
Marie, déjà, me quitte !
Le suspense ne dura :
Je redevins ermite !…

-2- Papiers pliés

Qu’est-ce que ?…
C’est…

– Qu’est-ce que l’amitié ?
– C’est un boomerang qui bout sur les boulevards extérieurs à force de l’habitude…

– Qu’est-ce que l’honnêteté ?
– C’est une boule de cristal qui s’évade à grand peine du cocon familial…

– Qu’est-ce que la frayeur ?
– C’est un bolide qui passe dans une tasse à crever les poubelles sur l’autostrade…

– Qu’est-ce que le courage ?
– C’est une masse grise qui s’agglutine sur les joues roses des fermières les jours de pluie…

– Qu’est-ce que la folie ?
– C’est un masque de feu sur les travers meurtris des volontés hagardes…

– Qu’est-ce que la faiblesse ?
– C’est une farce imagée des désirs assouvis dans l’imaginaire aux tréfonds de l’âme…
– Qu’est-ce que le bonheur ?
– C’est la crise adaptée à l’âge de ses artères dans le marasme quotidien…

– Qu’est-ce que la haine ?
– C’est un morceau de choix qui vous fait saliver des babines du diable…

– Qu’est-ce que le désir ?
– C’est un morceau de savon qui se glisse dans la plénitude des affres de l’angoisse…

– Qu’est-ce que plaisir ?
– C’est un morceau de diamant solitaire qui se glisse à l’anneau des forces de l’attente…

– Qu’est-ce que la colère ?
– C’est un morceau de sucre qui fond dans un café trop brûlant de rancœur…

– Qu’est-ce que la solitude ?
– C’est un plat typique des sociétés tribales qui vous enferme dans votre sphère intérieure les jours de fête…

– Qu’est-ce que la plénitude ?
– C’est un carcan solide qui vous tient dans les sphères des larmes du chagrin…

– Qu’est-ce que la mort ?
– C’est le respect des autres quand la force est passée dans le monde des possibles…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Oulipo

 

 

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