Sculptures Oniriques, des portraits en trois dimensions

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Sculptures Oniriques

 

Je suis venu à la sculpture un peu par hasard sur le tard : j’avais envie de passer à autre chose que la peinture à l’huile, à l’acrylique, à l’aquarelle, de quitter les formes, les couleurs, les surfaces planes du papier, de la toile, du carton ou du carton toilé.

Tout débuta on ne sait trop comment un certain matin de vacances, sur un terrain de camping proche de Montpellier : le voisin était en train de faire construire une maison, je récupérai des morceaux de siporex, ces briques de béton cellulaire, très légères et très fragiles, ont la particularité d’être friables. Je m’aperçus qu’on pouvait facilement les travailler à la pointe d’un simple canif. Je me mis à pied d’œuvre chaque matin, de bonne heure, quand le temps permet encore de bricoler avant l’arrivée de la chaleur caniculaire, nous étions mi-juillet. En une paire d’heures, j’avais sculpté au couteau une statuette d’une vingtaine de centimètres de hauteur. Les enfants de douze, treize ans, qui m’observaient au travail, vinrent me voir, regardaient attentivement : je fis en quelques jours des émules, et le stock de siporex du voisin s’épuisa. Les enfants se baladaient partout dans le camp, avec à la main un morceau de siporex et un couteau, et j’en étais pas peu fier, et amusé. A la fin du séjour, j’avais une production conséquente d’une vingtaine de petites pièces sculptées en siporex!

J’ai voulu ce livre pour qu’enfin soit rassemblé en un même lieu ce travail de deux ou trois ans de ma vie, une parenthèse au milieu de plusieurs années à peindre et à exposer des huiles, des acryliques sur toile, sur bois, sur carton toilé et sur papier, et des aquarelles sur papier. S’il y a filiation, peut-être faut-il plutôt la chercher dans mes œuvres picturales.

Oh ! toi, lecteur, qui éprouves un intérêt pour l’art, ne te prive pas : il y a toujours moyen de s’adonner à une passion naissante, si l’on y met du courage et de la bonne volonté.

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Description

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SCULPTURES ONIRIQUES, des portraits en trois dimensions

INTRODUCTION

Je suis venu à la sculpture, avec ce projet de sculptures oniriques, des portraits en trois dimensions, un peu par hasard sur le tard. J’avais envie de passer à autre chose que la peinture à l’huile, à l’acrylique, à l’aquarelle, de quitter les formes, les couleurs, les surfaces planes du papier, de la toile, du carton ou du carton toilé.

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J’ai rencontré un ami sculpteur, Denis GILLET, de Charleville – Mézières, avec qui j’avais réalisé une exposition dans les Ardennes, « Aquarelles et sculptures oniriques », du 1er au 6 février 1994, à l’Espace Rencontre EDF. Cette exposition fut présentée encore une semaine du mois de mai dans le Centre de Documentation et d’Information du Collège Université de Reims, dans la Marne. Denis  me fit la remarque suivante : « Tu sais, Yves, nous, sculpteurs, nous n’avons pas le droit au hasard. Si je rate mon coup de burin, si j’enlève de la matière alors que je n’en avais pas l’intention, l’œuvre est ratée et il ne me reste plus qu’à recommencer ! »

Point de vue de l’aquarelliste et point de vue du peintre.

L’aquarelliste que j’étais défendait la thèse inverse. Le hasard pouvait être parfois heureux, produisait des effets inattendus quand la goutte d’eau circule à sa manière, librement, là où on l’attend le moins. La texture du papier réagit différemment selon que la pointe du pinceau est plus ou moins humide. C’est ainsi que mille petits hasards peuvent créer un grand hasard du meilleur effet ! J’avais cité à mon ami sculpteur, dans le cours de la conversation, les expériences surréalistes des « cadavres exquis », ou encore « Pour faire un poème dadaïste » d’après Tristan Tzara. J’avais maintes fois réfléchi à ces thèmes, avais pratiqué une forme d’écriture automatique en poésie, plus tard dans le roman. Mais jamais de sculpture !

La naissance du projet sculptures oniriques

Tout débuta on ne sait trop comment un certain matin de vacances, sur un terrain de camping proche de Montpellier. Le voisin était en train de faire construire une maison. Je récupérai des morceaux de siporex. Ces briques de béton cellulaire, très légères et très fragiles, ont la particularité d’être friables. Je m’aperçus qu’on pouvait facilement les travailler à la pointe d’un simple canif. Je me mis à pied d’œuvre chaque matin, de bonne heure, quand le temps permet encore de bricoler avant l’arrivée de la chaleur caniculaire. Nous étions mi-juillet. En une paire d’heure, j’avais sculpté au couteau une statuette d’une vingtaine de centimètres de hauteur. Ma première sculpure onirique.

Les enfants de douze, treize ans, qui m’observaient au travail, vinrent me voir, regardaient attentivement. Je fis en quelques jours des émules, et le stock de siporex du voisin s’épuisa. Les enfants se baladaient partout dans le camp, avec à la main un morceau de siporex et un couteau. Et j’en étais pas peu fier, et amusé. A la fin du séjour, j’avais une production conséquente d’une vingtaine de petites pièces en siporex sculptées. C’étaient les premières pièces de ces sculptures oniriques !

De retour à Charleville – Mézières, dans mon atelier de peinture, je poursuivis cette expérience. Je me rendis dans des magasins de matériaux de construction, me renseignai sur le siporex, son prix, son conditionnement. J’appris ainsi qu’on pouvait enduire le béton cellulaire avec un enduit à l’eau, le blanchir avec un après, une sous- couche à peindre.

For de ces renseignements, j’achetai quelques blocs plus conséquents de siporex, et je me mis à travailler, toujours à la pointe du couteau, des têtes , un bloc de 4 dos à dos, puis un autre de 2.

Mis en oeuvre d’un atelier sculpture.

Je me mis même à utiliser les grands moyens : une disqueuse, et même une tronçonneuse : mais cela eut pour fâcheuse conséquence de produire un épais nuage de poussière qui s’incrusta dans toute la maison. Et je fus vivement recommandé de ne pas renouveler ce genre d’expérimentation dans ces mêmes conditions.

Quelques mois encore passèrent, et j’eus suffisamment de pièces brutes en siporex. Là encore, le hasard fit que j’étais en train d’utiliser dans mon atelier de peinture de la dorure à froid pour l’encadrement. Je m’essayai à la dorure sur siporex, et le résultat me parut concluant. Je peaufinai la technique en utilisant deux couleurs différentes de dorure. Et je créai ainsi quelques sculptures bicolores.

Toujours ouverts à d ‘autres propositions, je pensai encore à la technique de l’enduit dont on m’avait parlé dans un magasin de matériaux de constructions. Je m’y rendis, achetai un petit sac d’enduit à l’eau, et préparai dans un seau une pâte molle dans laquelle je trempai quelques petites pièces de siporex sculptées. Alors, au séchage, rapidement elles blanchirent, comme du plâtre. Et cela me donna l’idée de travailler à fabriquer des moulages avec du plâtre. Alors, j’en achetai, préparai et emplis certains récipients en plastique choisis d’après leur forme. Vague ressemblance avec un corps humain, une forme féminine. J’avais là une autre direction à suivre pour la création de sculptures oniriques, les moulages en plâtre.

Puis vint la couleur ! J’eus encore l’idée d’acheter des pigments de couleurs en poudre. Alors  je les mélangeai au plâtre, ou dans les seaux d’enduit à l’eau. Alors j’obtins des siporex sculptés en couleur. Du rose, du vert. Ainsi mes sculptures prirent de la couleur…

Le projet des sculptures oniriques se poursuit.

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Une trentaine de petites pièces furent ainsi réalisées.le projet des sculptures oniriques prenait corps.  Mais cela ne me suffisait pas, et j’eus envie de réaliser de la « vraie sculpture », avec de la « vraie » pierre. J’eus la chance avec moi.  Je profitai d’un voyage à la décharge publique, suite aux grandes inondations de décembre 1993 et de janvier 1995. Elles avaient fait dans notre quartier des dégâts considérables, pour récupérer quelques morceaux de siporex.

J’y trouvai surtout des entourages de fenêtre, bloc de pierre brune, tirant sur le marron. Il s’agissait de la pierre de Dom-Le-Ménil, petit village ardennais implanté à une dizaine de kilomètres de Sedan. La carrière fournissait aux bâtisseurs de maisons une pierre tendre, grumeleuse, que les maçons utilisaient en taillant des gros blocs pour les entourages de fenêtres et les linteaux des portes. La carrière de pierre de Dom-Le Ménil est encore en activité à ce jour. J’eus l’occasion de m’y rendre, et on me proposa des blocs de pierre gratuitement. Je n’avais que le transport à organiser. Ce que je fis, et j’obtins une réserve conséquente de gros blocs de pierre de Dom à sculpter.

La Pierre de Dom.

Si vous avez le temps ou si vous passer dans cette région des Ardennes, par pure curiosité, allez faire un détour par Dom- Le- Ménil, et rendez-vous à son cimetière. Vous y verrez sans doute pour la première fois de votre vie quelque chose d’extraordinaire. Il s’agit de tombeaux aussi grandes que des maisons, en marbre et en pierre de Dom. Ce sont les tombes d’une famille de gitans qui reviennent ici pour le dernier voyage. Comme ils n’ont jamais connu autre chose que les roulottes et caravanes, leur dernier tombeau est un véritable palais !

Au fil des jours, j’achetai quelques gouges de sculpteur, quelques burins et marteaux, et je me lançai, sans a-priori dans la technique de taille directe : je sculptai des têtes, sans utiliser de dessins au préalable, utilisant les formes premières de la pierre qui me donnait la trame de mon travail. Imagination, hasard, surprise du coup de burin, tels furent mes premiers pas en tant que sculpteur sur pierre. Papier de verre, râpe à béton complétèrent les ustensiles et l’outillage du sculpteur au travail.

L’ouvrage se poursuit…

J’ai pu travailler une dizaine de sculptures en pierre de Dom, essentiellement des têtes. J’aimai travailler cette pierre tendre, et j’aimai sa couleur chaude, brune et marron, du clair au foncé, plus foncé encore si elle est au contact de l’eau. Il m’est arrivé souvent de nettoyer la pierre sous un robinet d’eau au cours de mon travail, et j’en profitais pour abraser au papier de verre la pierre mouillée. Au séchage, après trois ou quatre jours, la pierre reprenait un ton plus clair, tirant sur le rouge et le jaune.

Du siporex à la pierre, du moulage à la taille directe, je voulus connaître encore autre chose : cette fois je me décidai à tester l’usage du bois. Je n’allai pas très loin, la réserve de bois de chauffage pour la cheminée me convint parfaitement, et j’y trouvai un morceau suffisamment gros et épais, et dur, pour y sculpter une tête. Cette fois le travail me fut pénible, j’aimais cette matière chaude au toucher, mais je trouvai qu’elle était pénible à travailler, du fait de la dureté des fibres. Sans doute n’était-elle pas l’essence recommandée pour ce genre de travail. C’est pourquoi je n’eus pas d’autres expériences avec cette essence, et ma « tête en bois » demeure unique dans la réalisation des œuvres.

Sculptures oniriques, un projet qui me tient à coeur.

Pourquoi sculpter ainsi des têtes ? D’abord, contrairement à la peinture où mes tableaux ne comportent que très rarement une représentation de la figure humaine, pas la moindre présence vivante dans les paysages, dans le domaine de la sculpture il me semblait naturel au contraire de mettre en œuvre des personnes, et non des paysages ou des objets. Portraits certes, mais rêvés, oniriques et non représentatifs de modèles vivants et réels.

Si l’on parle d’influences ? Aucune, au premier abord, pas de modèles vivants donc, ni copie sur papier : que l’œil, et l’outil qui prolonge la main.

D’aucuns, et ils sont peu nombreux, je n’ai jamais eu l’occasion d’exposer ces statuettes autre part que chez moi, pour mes amis, d’aucuns ont pensé à l’art primitif, d’autres m’ont soumis l’idée de l’art africain, d’autres encore ont parlé des arts pré-colombiens des mayas et des aztèques. Moi-même, je ne me suis jamais posé vraiment la question. Je n’ai jamais cherché à copier quoi que ce soit

Où il est question d’influence.

Je ne conteste pas que certaines visions de tableaux à la Dali, à la Goya, certaines Demoiselles d’Avignon à la Picasso, certaines sculptures à la Modigliani, que j’aimai regarder dans ma collection de livres d’art, n’aient certes pas joué un rôle dans mon imaginaire, mais jusqu’à quel point ? Loin de moi l’idée de « faire comme », je n’y ai jamais pensé, et cette idée ne m’a jamais effleuré l’esprit. Non, non, je réalisai ces statuettes simplement au gré de ma fantaisie et de mon imagination, et selon la structure imposée par la forme de la pierre à tailler.

J’ai voulu ce livre pour qu’enfin soit rassemblé en un même lieu ce travail de deux ou trois ans de ma vie, une parenthèse au milieu de plusieurs années à peindre et à exposer des huiles, des acryliques sur toile, sur bois, sur carton toilé et sur papier, et des aquarelles sur papier. S’il y a filiation, peut-être faut-il plutôt la chercher dans mes œuvres picturales. Il est vrai que j’aie commis des têtes et des femmes – rubans, des personnages féminins qui se prêterais bien à la sculpture : Peut –on y voir là les prémices à d’autres œuvres sculptées ? Seule l’avenir le dira.

Je souhaite au lecteur le même plaisir que celui que j’ai découvert à me lancer à l’aventure de l’inconnu sans autre forme d’aide que la passion et la bonne volonté. Que ces sculptures oniriques lui donnent toute la joie qu’il mérite. C’est là mon souhait le plus cher.

Oh ! toi, lecteur, qui éprouves un intérêt pour l’art, ne te prive pas : il y a toujours moyen de s’adonner à une passion naissante, si l’on y met du courage et de la bonne volonté.

 

Des sculptures oniriques originales, un travail remarquable à découvrir ici : http://www.journal-du-design.fr/art/sculptures-oniriques-par-tomohiro-inaba-39803/

 

 

1 avis pour Sculptures Oniriques, des portraits en trois dimensions

  1. Note 5 sur 5

    Labourier Séverine

    Merci à Yves de m’avoir fait découvrir ses talents.
    Des talents et des passions à découvrir et à redécouvrir.
    Merci pour toutes tes histoires passionnantes,
    À très bientôt.
    Séverine.

    • yvessaget

      merci pour tes remarques.Yves

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